HB9HFN

Swiss Amateur Radio Station


FW5FN: DXpédition à Wallis et Futuna

23 février - 8 mars 1999

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Introduction

A peine rentré de ma première DXpédition dans le Pacifique en 1998, ayant trafiqué depuis Tonga (A35FN) et les Samoa Occidentales (5W0FN), je m’étais déjà posé la question: „Où vais-je aller la prochaine fois ?„. J’étais en tous cas sûr de repartir pour une nouvelle aventure lointaine. Quelques mois plus tard et après quelques heures passées à surfer sur Internet à la recherche d’informations sur les îles du Pacifique, je prenais la décision de partir pour le territoire de Wallis et Futuna.

Préparatifs

La première chose à faire est de concocter un itinéraire de vol. Heureusement grâce au Web, c’est facile dès qu’on a les codes des aéroports. Un des meilleurs sites pour planifier et même réserver ses billets d’avion est Travelocity à: http://www.travelocity.com. Muni de toutes les dates et des données des vols, il ne restait plus qu’à me rendre dans une agence de voyage et réserver les billets.

La prochaine étape était la réservation de l’hôtel. Grâce au site http://www.wallis-island.com j’ai pu trouver facilement la liste des hôtels et tous les renseignements nécessaires pour réserver. Quelques Fax plus tard, tout était réservé et je pouvais m’attaquer à la dernière tâche importante: la licence radioamateur.

Licence

Bien que Wallis et Futuna soit un territoire français d’Outre-mer et que la licence CEPT soit valable, il est obligatoire de faire une demande de licence aux autorités de l’île, plus précisément auprès du Service des Postes et Télécommunications de Wallis. Par chance ce service a une page sur Internet et est atteignable par courrier électronique. Après avoir envoyé les documents nécessaires par la poste, j’ai obtenu quelques temps plus tard une copie de la licence par e-mail, l’original étant à aller chercher lorsque je serai sur place. L’indicatif attribué était FW5FN, exactement comme je le désirais. Normalement les indicatifs attribués sont du style FW/<homecall> mais si on insiste un peu, il est possible d’obtenir un indicatif plus " pratique " avec le préfixe FW.

Bagages

Voyageant seul, il était important que je prépare consciencieusement mes bagages afin de limiter leurs poids au maximum. Ils se composaient d’une valise contenant le TX, l’alimentation à découpage, 40 mètres de câble coaxial, divers outils et matériels de rechange ainsi que mes affaires personnelles, d’une housse à ski contentant l’antenne verticale et d’un petit sac à dos pour l’ordinateur portable et l’amplificateur linéaire à transistors, le tout pesant environ 45 kg. Le vol entre Tahiti et Wallis ne permettait que 20 kg de bagages, en plus de l’habituel bagage à main. Malgré quelques 15 kg de poids en trop, je n’ai eu aucun problèmes lors des divers enregistrements de bagages. Les avions n’étaient pas complètement remplis, ce qui explique peut-être qu’Air Calédonie ne m’a pas taxé le surplus de poids.

Géographie

Le territoire est formé de deux grandes îles: Wallis, où se trouve la capitale Mata’Utu, et Futuna, distante de 450 km. Autours de Wallis il y a de nombreux îlots et des récifs de corail et la vue est particulièrement spectaculaire quand on arrive en avion. D’origine volcanique, l’île principale, nommée Uvea, possède plusieurs lacs, dont un entouré de falaises abruptes qui rendent son accès très difficile.

Arrivée

Après plus de 30 heures de voyage et des escales à Paris, Los Angeles et Papeete, j’arrive enfin à Wallis. Le passage à la douane se passe sans problèmes. Le contrôle est effectué par des agents français en short et casquette, un peu comme dans le film ‘Un gendarme à Saint-Tropez’. Comme il n’y a pas de taxis à Wallis, une personne de l’hôtel où je loge, le Moana-Hou, m’attend à la sortie de l’aéroport et nous nous mettons en route pour le village de Akaaka, théâtre de mes futures activités et situé juste à côté de Mata’Utu. Le temps est typique pour une île du Pacifique Sud: température autour des 30 °C et forte humidité, un vrai choc thermique par rapport aux conditions hivernales qui règnent en Europe.

Matériel

A peine arrivé à l’hôtel, je monte l’antenne verticale dans le jardin et j’installe le matériel radio. L’émetteur est un IC-706 avec une alimentation à découpage Astron. Grâce à un PC portable, je relie la radio au port sériel pour la lecture automatique de la fréquence, et au port parallèle pour l’émission automatique de la CW. Ensuite je branche le linéaire, le paddle, le casque, le micro et je suis QRV pour effectuer mon premier QSO avec l’indicatif FW5FN. Mais avant de mettre le tout sous tension, je prends le soin de m’assurer, avec un petit voltmètre analogique, que la tension du réseau est bien de 220 volts et ne varie pas trop. Comme tout est en ordre, j’enclenche le tout et après le contrôle de fonctionnement habituel, je m’assieds confortablement sur ma chaise, prêt pour le premier pile-up.

Trafic

Etant un fan de CW, je m’étais préparé à faire pratiquement que de la télégraphie, avec un peu de SSB et de RTTY si l’envie me venait. Pour le premier pile-up, je trafique sur 21 MHz, avec un split dès le premier QSO. Après quelques minutes, le pile-up est gigantesque et j’arrive à 3 QSO à la minute. Il est alors temps que " Murphy " rende sa première, et heureusement dernière visite de l’expédition: peu après le 300ème QSO, je change de bande et, ressentant encore la fatigue du voyage, j’oublie de commuter l’ampli sur la nouvelle bande. Une fumée sortant du linéaire me signale alors que quelque chose s’est mal passé et que je devrai me contenter de 100 watts au lieu de 500 pour le reste de mon séjour! Un des transistors final MOSFET a rendu l’âme malgré la soi-disant protection automatique en cas de surchauffe…

Heureusement toutes les bandes de 3.5 à 28 MHz sont ouvertes à un moment du jour et je passe allègrement de l’une à l’autre en fonction du trafic et de la propagation. Les Japonais restent les plus disciplinés dans les pile-up, suivis des américains. En queue de classement il y a toujours les Européens qui n’ont (presque) aucune discipline. C’est vraiment dommage car le rythme des QSO se ralentit et moins de stations se retrouvent dans le log. Il semble que la règle „ECOUTER avant D’EMETTRE" soit inverse en Europe! Malgré tout j’ai le plaisir de contacter quelques Suisses mais les conditions de propagations sont moyennes et l’Europe de l’Ouest est difficile à contacter à cause des perturbations magnétiques des chemins polaires (Aurora). Par contre j’arrive à contacter l’Europe de l’Est jusque sur 28 MHz avec de bons signaux.

Alors que les pile-up se calment un peu, je décide de trafiquer en RTTY. Malheureusement je n’arrive pas à faire fonctionner correctement BTL (le programme de RTTY avec la carte son) avec mon portable et je me résigne donc à laisser tomber ce mode.

Logs

De plus en plus de DXpéditions publient maintenant leurs logs sur Internet. Il est alors facile de contrôler si son QSO est dans le log ou pas et, au besoin, de faire un nouveau QSO.

Comme il y a un provider Internet à Mata’Utu, j’ai décidé de publier les logs de l’expédition sur mon site Web pendant que je me trouve sur place. En effet il y a une liaison 64 Kbps entre Wallis et la Calédonie qui est utilisable malgré une certaine " lenteur "! Cela me permettra de transférer les logs à trois reprises et aussi d’envoyer quelques e-mails aux amis et à la famille.

Visites

A côté des activités radios j’ai profité de visiter quelques îlots sur la barrière de corail et de faire un tour de l’île en voiture. Comme il n’y a pas de taxi, la marche à pied reste le moyen le plus pratique de se déplacer. Il faut remarquer que la vie est très cher à Wallis. La nourriture est aussi cher qu’en Suisse, voir plus pour les produits d’importation. Il y a beaucoup de Français de la Métropole sur l’île et la plupart sont des fonctionnaires et occupent des fonctions dans l’enseignement ou l’administration. Il ne faut pas oublier que Wallis & Futuna est un Territoire d’Outre-mer (TOM) et que, malgré une certaine indépendance, les îles sont toujours régies par la France.

Dernier QSO et départ

Lors du dernier jour d’activité, je décide de trafiquer jusqu’à la dernière minute et de démonter l’antenne dans la nuit tombante. En effet la propagation s’est améliorée et dès la nuit tombée je contacte l’Europe de l’ouest sur 7 MHz via le long chemin. HB9BIN arrive même S9 et d’autres stations avec 100 watts et une verticale, comme Eugène HB9BQP, n’ont pas de problème à me contacter. Malheureusement le temps passe vite et je dois préparer mon retour et ranger tout le matériel.

Je me souviens encore du message envoyé lors du dernier QSO avec OE1ZL, alors que le pile-up d’européens sur 24 MHz n’en finissait plus: „nw qrt = must take the plane back to eu". Et puis c’est le long chemin du retour qui m’attend, au total plus de 36 heures de trajet avant d’arriver à la maison, fatigué mais heureux de ces deux semaines dans le Pacifique sud.

Remerciements

Pour cette DXpédition j’avais décidé de chercher quelques sponsors afin d’obtenir une aide financière me permettant de couvrir une partie des coûts élevés d’une telle aventure. Je tiens donc à remercier la NCDXF (North California DX Foundation) et la GDXF (German DX Foundation) pour leur précieuse aide.

Statistiques

Voici quelques statistiques calculées par le programme de log TR-Log. Il est à noter qu’un quart des QSO a été réalisé avec l’Europe.

                   160    80    40    20    15    10    30    17    12    ALL
                   ---    --    --    --    --    --    --    --    --    ---
  USA calls   =      0    84   292   417   276   335   314    68   256   2042
  VE calls    =      0     1    13    24    14    16    14     0    10     92
  N.A. calls  =      0     0     9    15     8     5     8     5     2     52
  S.A. calls  =      0     0    14    45    29    19    17    10    14    148
  Euro calls  =      0     0   172   561   328    13   329   305   195   1903 => 25.2 %
  Afrc calls  =      0     0     2     2     1     0     2     1     0      8
  Asia calls  =      0     0    36    78    72    19    41    22    72    340
  JA calls    =      0     0   431   422   576   270   268   367   441   2775
  Ocen calls  =      0     6    20    59    30     8    29    22    20    194

  Total calls =      0    91   989  1623  1334   685  1022   800  1010   7554

  CW:  7’512
  SSB:    42
  RTTY:    0 :-(
 
Conclusion

J’espère que ce compte-rendu de mes activités radios à Wallis donnera l’envie à d’autres radioamateurs de voyager à l’autre bout du mode et de faire de la radio sous les palmiers. Au moment où j’écris ces lignes, je viens juste de contacter la DXpédition FW8ZZ sur Wallis pour un tout nouveau pays DXCC!

Au fait, j’ai déjà quelques idées de DXpédition pour l’an 2000, et vous ?

73, Cédric HB9HFN, FW5FN

 

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Last modification: 08.08.2003